Quelque 250 agriculteurs Ch’tis perpétuent la culture d’une racine sans caféine mais pas sans inuline, aux vertus nutritionnelles et aux usages régulièrement revisités, au bilan carbone excitant et qui, en tant que boisson chaude, n’a rien à envier au café. Sauf sa part de marché. Encore que…

Ne la traitez plus jamais de succédané, ou pire, d’ersatz de café. Cela ne lui rend pas justice et cela réveille de mauvais souvenirs (1). Alors, certes, la chicorée a bien fait office de café de remplacement à l’occasion de diverses pénuries. Mais aujourd’hui, elle devient tendance, sa consommation croit, y compris hors domicile (20 % des CHR proposent désormais des alternatives à base de chicorée). Ce renouveau, elle le doit au moins autant à ses qualités intrinsèques qu’à sa ressemblance avec le café.
« Pareille mais différente »
Côté ressemblance avec le café, on trouve bien sûr sa couleur, son amertume, et son côté « boisson chaude réconfortante ». On peut la préparer en infusion filtre, sous pression (y compris dans des machines à capsules), en poudre instantanée, avec ou sans lait, avec ou sans sucre.
Côté qualités intrinsèques, la liste a de l’allure : une culture et une transformation 100 % françaises et donc un bilan carbone bien meilleur que celui du café (2) ; une absence de caféine et de tout autre excitant qui lui permet d’être consommée par tout le monde, à toute heure ; une teneur intéressante en une fibre soluble, l’inuline, aux propriétés bénéfiques pour l’intestin ; sans oublier un prix inférieur au café, dont les cours s’envolent notamment parce que sa culture est mise à mal par le réchauffement climatique.