{"id":531,"date":"2025-12-29T20:10:36","date_gmt":"2025-12-29T19:10:36","guid":{"rendered":"https:\/\/aestunevache.com\/?p=531"},"modified":"2025-12-29T20:15:04","modified_gmt":"2025-12-29T19:15:04","slug":"la-bio-preserve-t-elle-la-biodiversite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aestunevache.com\/?p=531","title":{"rendered":"La bio pr\u00e9serve-t-elle la biodiversit\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"<span class=\"rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\">4<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>\n<p><strong>Pr\u00e9server la biodiversit\u00e9, c\u2019est dans l\u2019ADN de l\u2019agriculture biologique. Mais pour atteindre son objectif, elle n\u2019a qu\u2019une obligation de moyens, pas de r\u00e9sultats. C\u2019est sur ces r\u00e9sultats que se sont pench\u00e9s deux scientifiques, d\u2019Inrae et de l\u2019Itab, dans le cadre du rendez-vous annuel, \u00ab Le grand d\u00e9bat bio \u00bb organis\u00e9 par la chambre d\u2019agriculture des Pays de la Loire, le 4 mars dernier, \u00e0 Angers.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/api.prod.pleinchamp.com\/var\/site\/storage\/images\/_aliases\/gallery\/8\/4\/8\/9\/6929848-1-fre-FR\/5861bba5dd64-PCbiodiv1.JPG\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Bastien Dallaporta, de l\u2019Itab et Audrey Alignier, d\u2019Inrae, ont pr\u00e9sent\u00e9 leurs travaux lors du grand d\u00e9bat bio organis\u00e9 par la chambre r\u00e9gionale d\u2019agriculture et qui s\u2019est tenu \u00e0 la Caisse r\u00e9gionale du Cr\u00e9dit agricole Anjou Maine (cr\u00e9dits photo : Catherine Perrot).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le respect de la biodiversit\u00e9 fait partie des valeurs fondatrices de la bio et, pour y parvenir, elle interdit notamment l\u2019emploi de pesticides et d\u2019engrais de synth\u00e8se. Mais ce cahier des charges lui permet-il d\u2019atteindre cet objectif ? Est-elle plus respectueuse de la biodiversit\u00e9 que l\u2019agriculture \u00ab non biologique\u00bb ?<\/p>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re mani\u00e8re de r\u00e9pondre \u00e0 cette question est de compiler un tr\u00e8s grand nombre de donn\u00e9es, pour observer s\u2019il existe r\u00e9ellement une \u00ab tendance \u00bb de fond qui \u00e9tablit une diff\u00e9rence entre bio et non bio, au-del\u00e0 de tous les autres facteurs de variation (type de culture, conditions p\u00e9do-climatiques\u2026). Les chercheurs r\u00e9alisent pour cela des \u00ab m\u00e9ta-analyses \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des analyses statistiques sur un ensemble de donn\u00e9es issues d\u2019\u00e9tudes scientifiques publi\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une biodiversit\u00e9 plus abondante en bio<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Les r\u00e9sultats de ces m\u00e9ta-analyses d\u00e9montrent une diff\u00e9rence en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle parcellaire : l\u2019effet de l\u2019agriculture bio, c\u2019est 30 % de biodiversit\u00e9 en plus en abondance, et 20 % en plus en nombre d\u2019esp\u00e8ces diff\u00e9rentes \u00bb,<\/em>&nbsp;pr\u00e9sentent Audrey Alignier d\u2019Inrae, et Bastien Dallaporta de l\u2019Itab (Institut technique de l\u2019agriculture biologique), lors d\u2019une intervention r\u00e9alis\u00e9e le 4 mars dernier, dans le cadre du \u00ab grand d\u00e9bat bio \u00bb, organis\u00e9 \u00e0 Angers par la chambre d\u2019agriculture des Pays de la Loire.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, c\u2019est sur les productions c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res que l\u2019effet \u00ab bio \u00bb vs \u00ab non bio \u00bb est le plus significatif mais cet effet s\u2019observe aussi en cultures v\u00e9g\u00e9tales p\u00e9rennes (viticulture, arboriculture) et en riziculture. Si l\u2019on regarde par groupe taxonomique, ce sont les v\u00e9g\u00e9taux qui b\u00e9n\u00e9ficient le plus de l\u2019agriculture biologique (+ 75 % de biodiversit\u00e9), loin devant les arthropodes, les oiseaux et les microbes du sol (+ 15 %).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Plus d\u2019adventices, moins de comp\u00e9tition ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le fait que ce soient les v\u00e9g\u00e9taux qui b\u00e9n\u00e9ficient le plus de la bio peut interroger les agriculteurs : ces v\u00e9g\u00e9taux sont en effet des \u00ab adventices \u00bb, donc a priori n\u00e9fastes \u00e0 la production agricole. Sauf que m\u00eame si elles sont plus abondantes, ces adventices sont aussi dans une communaut\u00e9 plus diversifi\u00e9e : elles sont donc plus susceptibles d\u2019exercer des comp\u00e9titions entre elles, et moins avec la culture.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour aller plus loin dans la compr\u00e9hension de ces effets sur la biodiversit\u00e9 des parcelles, Audrey Alignier et Bastien Dallaporta ont pr\u00e9sent\u00e9 une autre \u00e9tude, fran\u00e7aise cette fois, et uniquement bas\u00e9e sur la viticulture : elle consiste en un suivi d\u00e9taill\u00e9 de la biodiversit\u00e9 dans 40 parcelles de vignes dont 20 en bio sur le site atelier Bacchus d\u2019Inrae (Gironde).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un labour d\u00e9favorable aux pollinisateurs et \u00e0 la microfaune du sol<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Globalement, la bio a un effet positif sur les populations d\u2019araign\u00e9es et de collemboles mais un effet n\u00e9gatif sur les pollinisateurs et sur la microfaune du sol. L\u2019examen statistique des liens entre ces effets n\u00e9gatifs et les pratiques montre que ce n\u2019est pas l\u2019emploi d\u2019insecticides qui est le facteur diff\u00e9renciant les parcelles entre elles (d\u2019ailleurs le bio peut employer des insecticides naturels), mais l\u2019intensit\u00e9 de travail du sol.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab En bio, la gestion des adventices repose principalement sur le travail du sol,<\/em>&nbsp;d\u00e9crit Audrey Alignier.&nbsp;<em>Les cons\u00e9quences induites sont une d\u00e9structuration du sol, d\u00e9favorable \u00e0 la biomasse microbienne, et une moindre disponibilit\u00e9 de fleurs pour les pollinisateurs \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ce qui compte vraiment : les \u00e9l\u00e9ments semi-naturels<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Mesurer la biodiversit\u00e9 ne se fait cependant pas uniquement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la parcelle cultiv\u00e9e. Si l\u2019on prend la \u00ab ferme \u00bb comme \u00e9chelle de mesure, la compilation des diff\u00e9rentes donn\u00e9es disponibles \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne ne montre pas de diff\u00e9rence entre la biodiversit\u00e9 des fermes bio et celle des fermes conventionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Car l\u00e0 encore, un autre facteur intervient, qui a plus de poids que le type d\u2019agriculture : la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9l\u00e9ments semi-naturels (haies, petits bois, bandes enherb\u00e9es, chemins\u2026). Plus de la moiti\u00e9 de la biodiversit\u00e9 d\u2019une ferme est en effet h\u00e9berg\u00e9e par ces \u00e9l\u00e9ments :&nbsp;<em>\u00ab Le cahier des charges bio ne comporte pas de contraintes sur ces \u00e9l\u00e9ments \u00bb<\/em>, regrette Bastien Dallaporta.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Plaidoyer pour une mosa\u00efque cultiv\u00e9e<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Enfin, des travaux scientifiques portent sur l\u2019\u00e9chelle sup\u00e9rieure : celle des paysages. Les r\u00e9sultats obtenus sur des paysages bocagers comme sur des paysages viticoles montrent que ce n\u2019est pas la quantit\u00e9 d\u2019agriculture bio dans le paysage qui fait la diff\u00e9rence : ce qui est favorable \u00e0 la biodiversit\u00e9, c\u2019est\u2026 la diversit\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire la diversit\u00e9 des cultures :&nbsp;<em>\u00ab La mosa\u00efque cultiv\u00e9e \u00bb<\/em>, r\u00e9sume Bastien Dallaporta.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Un levier identifiable pour favoriser la biodiversit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du paysage, c\u2019est la taille des parcelles \u00bb,<\/em>&nbsp;expliquent les chercheurs.&nbsp;<em>\u00ab Mais c\u2019est un param\u00e8tre sur lequel il est difficile de faire \u00e9voluer les pratiques, le message n\u2019est pas toujours re\u00e7u favorablement de la part d\u2019agriculteurs \u00e0 qui l\u2019on a dit pendant des ann\u00e9es qu\u2019il fallait agrandir leurs parcelles pour augmenter la production et faciliter le passage des engins m\u00e9caniques \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelle serait la taille id\u00e9ale des parcelles d\u2019un paysage favorable \u00e0 la biodiversit\u00e9 ?&nbsp;<em>\u00ab Certains travaux \u00e9voquent 2,8 hectares, mais nous avons conscience que c\u2019est difficilement r\u00e9alisable. Ce qui est important, aussi, c\u2019est de savoir d\u2019o\u00f9 l\u2019on part, d\u2019une zone bocag\u00e8re ou d\u2019une zone c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re\u2026 Des parcelles de moins de 6 hectares, avec des bandes enherb\u00e9es de 4 \u00e0 5 m\u00e8tres tout autour, pourraient repr\u00e9senter un bon compromis \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(article initialement publi\u00e9 sur <a href=\"https:\/\/www.pleinchamp.com\/actualite\/la-bio-preserve-t-elle-la-biodiversite\">Pleinchamp.com<\/a>)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\">4<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span> Pr\u00e9server la biodiversit\u00e9, c\u2019est dans l\u2019ADN de l\u2019agriculture biologique. Mais pour atteindre son objectif, elle n\u2019a qu\u2019une obligation de moyens, pas de r\u00e9sultats. 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